La Guerre et la Paix : peindre pour l’ONU

portinari

Deux panneaux de 14 m de haut et de 10 m de large, telles sont les œuvres peintes par Candido PORTINARI, artiste brésilien, pour montrer les ravages de la guerre et la fête de la paix.

Quatre années de travail, de 1952 à 1956, lui sont nécessaires alors qu’il souffre d’intoxication aux métaux lourds contenus dans les pigments utilisés!

Mais, lorsque cette commande de l’Etat brésilien destinée à l’ONU est achevée, Portinari ne peut se rendre à New York : être membre du parti communiste brésilien est inacceptable en ces débuts de Guerre Froide.

Dans ces immenses panneaux, c’est la force d’expression des visages et des mains qui saute aux yeux.

Dans l’un, douleurs du deuil, prières suppliantes, chevaux de l’Apocalypse qui sèment la mort, gueules monstrueuses de félins, couleurs sombres et froides : tout dit la vulnérabilité des hommes face au fléau aveugle de la guerre.

Dans l’autre, c’est la joyeuse liberté de la fête : les couleurs sont plus lumineuses ; elles disent les jeux des enfants, la musique et la fécondité du travail partagé.

En effet, plus que les progrès ambigus des techniques, c’est la fraternité exprimée dans les visages que peint Candido Portinari.

Né dans une plantation de café de l’état de Sao Paulo, de parents italiens immigrés, deuxième de douze enfants, Portinari connaît la dureté de la vie paysanne et la force d’une famille unie et laborieuse. C’est de ces regards bienveillants qu’il a connus enfant qu’il tire son énergie à peindre pour les classes populaires jusqu’ à sa mort en 1962, à l’âge de 59 ans.

  • portinari